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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 17:27
Du bonheur (bis, ter, etc.)

Il est bon de se rappeler, aussi souvent que nécessaire, de ce qu'on a et de ce que l'on perd à regretter ce qu'on n'a pas.

Une étude couplée menée sous l'égide du World Economic Forum reprend plusieurs critères (produit intérieur brut par habitant, santé, longévité, taux de dépression, marché de l'emploi, protection sociale, etc.), pour conclure que la Suisse est le pays, paraît-il, où l'on vit le plus heureux.

Personne n'imagine certainement vivre dans le pays le plus heureux au monde, si sûr que c'est forcément moins facile ici qu'il n'y paraît. Et surtout qu'ailleurs.

" On croit les gens heureux
Parce qu'on ne les connaît pas
On ne vit pas chez eux
Leurs blessures ne saignent pas "

Ça me permet de rappeler les quelques litanies qui jalonnent mon journal à longueur d'année.

...Ces deux belles variations sur le carpe diem :

- On reconnaît le bonheur au bruit qu'il fait quand il s'en va.

- Tout homme a deux vies. La seconde commence quand il se rend compte qu'il n'en a qu'une seule.

...Ces trois allégories du nihil nocere :

- Ne dis rien qui ne puisse être entendu par ton pire ennemi.

- Ne nuis à personne, si ce n'est pas vraiment indispensable. Mais si ça l'est, alors frappe aussi fort qu'il le faut pour terminer le combat en un seul coup.

- Les pensées négatives, même les plus légitimes, n'ont qu'un effet : gaspiller ces précieuses unités de ce capital-bonheur que nous avons tous à disposition, pour peu qu'on veuille s'en servir.

C'est pour ça que vous ne me verrez jamais partager ici des vidéos sur les atrocités de ce monde, ni même participer à je ne sais quelle revendication de colère collective, tant ces révoltes de masse ne servent en fin de compte qu'à brasser les mauvais sentiments qu'on a tous en nous et qui au moindre mouvement, comme la vase au fond d'une mare, polluent l'âme tout entière.

Je suis convaincu que celui qui est conscient des "petites joies" qu'il reçoit forcément tous les jours (une bonne nouvelle, une rencontre, un sourire, un compliment, un mot gentil, un petit succès) se construit un bonheur de manière empirique, pierre par pierre, comme une longue vie de couple. S'il parvient dans le même temps à relativiser les soucis qu'il aura forcément tous les jours, comme tout le monde, il verra alors ce qu'il a ici et maintenant. Et s'en contentera.

C'est ça selon moi être heureux : avoir conscience à chaque instant que l'addition des "petites joies" reste dans les chiffres positifs après avoir soustrait les soucis du moment, sans se préoccuper de ce que sera demain.

Précisément parce que toute vie comporte forcément des soucis, tôt ou tard très graves, celui qui s'accroche à une idée préconçue du bonheur est fou, et surtout condamné à vivre dans une perpétuelle déception.

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