11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 18:25

De la gauche et de ses idéaux, je ne pense que du bien. Comme tout le monde, évidemment. C'est quand il faut exprimer ces pensées que ça se gâte: ces belles pensées ne sont pas faites pour devenir quelque chose d'aussi concret que des mots...

A Marrakech, ce dimanche matin: un nouveau méga-centre commercial, ouvert depuis 3 jours et plein à craquer de clients contents d'occuper leur dimanche à faire tourner l'économie plutôt que de regarder la télé.

Parmi eux, certainement une quasi-moitié d'Européens et un bon quart d'entre eux à tendance socialiste, pourtant aussi heureux que les autres à essayer des pantalons chez Zara ou des espadrilles chez H&M.

Quant aux employés, ils chantent tous à tue-tête, parfois faux, visiblement heureux d'avoir du travail.

Il n'y a décidément que les pays riches qui se paient le luxe de ne pas travailler quand ils ont librement décidé qu'il fallait forcer les citoyens au repos. Allez comprendre : dans les pays plus pauvres, on frémit d'horreur à l'idée ces théories bien-pensantes de la gauche.

La gauche, finalement, n'existe que là où elle ne sert à rien.

Voyez la razzia au Bangladesh contre le travail clandestin des enfants pour les marques occidentales de vêtement et les rafles de la police dans les sous-terrains, sous l'impulsion d'ONG bien intentionnées. Elle s'est traduite par une explosion de la prostitution enfantine de rue, car la réalité se résume là-bas à nourrir une famille ou mourir, même quand on a huit ans. C'est triste, mais ce genre de victoires à la Pyrrhus ne font de bien qu'à la consciences des complices occidentaux de ce genre de désastres.

L'enfer est pavé de bonnes intentions, comme pour celui qui, croyant "bien faire", déplace le blessé en aggravant ses blessures. J'ai horreur de ceux qui causent des dégâts en ayant cru "bien faire", alors qu'ils n'en avaient pas les compétences. Car c'est le conjonction des deux défauts pour lesquels j'ai le moins de sympathie: l'arrogance et la bien-pensance.

Quand ma fille ainée me demandait récemment les différences entre droite et gauche, j'ai éprouvé toutes les difficultés à tenter une réponse qui ne soit pas tendancieuse. Parce qu'entre inciter à l'assistanat, prôner toujours plus de sévérité dans les peines, augmenter les impôts, descendre en flamme les patrons et plus généralement tout ce qui a un rapport avec le travail, imposer au forceps l'égalité là où personne n'en réclame, rêver de toujours plus de loi où l'on s'en passe très bien, regarder de travers tout ce qui ressemble aux réussites individuelles, sacrifier nos libertés sur l'autel de ces obsessions d’État Providence, se faire les chantres de tout ce qui finit en -isme (socialisme, syndicalisme, marxisme, égalitarisme, utopisme, féminisme, victimisme...), je me suis vu incapable de trouver des mots positifs pour décrire un dénominateur commun à tout ça. Même en prononçant les mots "droits sociaux" ou "syndicats", j'ai eu l'impression d'évoquer quelque chose qui se situait entre ingratitude et fainéantise.

Il y a eu une belle gauche, celle de Badinter et de l'abolition de la peine de mort et d'autres lois de tolérance votées dans la foulée à l'investiture Mitterrand. C'était un moment de gloire méritée, il y a 33 ans. Depuis, elle n'est devenue qu'un mouvement de colère, de contestation et de lutte des classes. Quand ce n'est pas de la bien-pensance, forme sournoise d'une haine populaire qui ne tolère aucune contradiction. Typiquement : la Marche Blanche, qui ne sert qu'à réveiller les pires instincts - même légitimes - qu'on a tous, en se servant des monstres que la société enfante une ou deux fois par décennie.

Je trouve tellement préférable d'employer son temps à faire le bien, à profiter des gens qu'on aime et à jouir de chaque jour d'une vie trop courte plutôt que de la gaspiller en manifestations atrabilaires contre des pédophiles ou je ne sais quel autre prurit de l'âme auquel on ne sera de toute façon jamais personnellement confronté.

En désespoir de cause, j'ai répondu à ma fille d'aller plutôt poser cette question à sa mère... Plutôt verte et plutôt libérale, elle aurait peut-être une définition plus noble et plus pesée de la gauche, car davantage concernée par une nature vraiment en danger que par les gens et leurs caprices d'enfants gâtés.

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Published by Grégoire Rey
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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 18:16

De la gauche, des idéaux, de la gentillesse et des droits, je ne pense que du bien. Comme tout le monde, évidemment.

 

C'est quand il me faut confirmer cette bienveillance par des mots que tout a une fâcheuse tendance à se gâter.

 

A Marrakech, ce dimanche matin: un nouveau méga-centre commercial, ouvert depuis 3 jours et plein à craquer de clients contents d'occuper leur dimanche à faire tourner l'économie plutôt que de regarder la télé.

 

Parmi eux, certainement une quasi-moitié d'Européens et un bon quart d'entre eux à tendance socialiste, pourtant aussi heureux que les autres à essayer des pantalons chez Zara ou des espadrilles chez H&M.

 

Quant aux employés, ils chantent tous à tue-tête, parfois faux, visiblement heureux d'avoir du travail.

 

Il n'y a décidément que les pays riches qui se paient le luxe de ne pas travailler quand ils ont librement décidé qu'il fallait forcer les citoyens au repos. Allez comprendre : dans les pays plus pauvres, on frémit d'horreur à l'idée ces théories bien-pensantes de la gauche.

 

La gauche, finalement, n'existe que là où elle ne sert à rien.non-a-la-haine.jpeg

 

Quand ma fille ainée me demandait récemment les différences entre droite et gauche, j'ai eu beaucoup de difficulté à répondre sans me montrer tendancieux. Parce qu'entre inciter à l'assistanat, prôner toujours plus de sévérité dans les peines, augmenter les impôts, descendre en flamme les patrons et plus généralement tout ce qui a un rapport avec le travail, imposer au forceps l'égalité là où personne n'en réclame, rêver de toujours plus de loi où l'on s'en passe très bien, cracher sur tout ce qui ressemble aux réussites individuelles, sacrifier nos libertés sur l'autel de ces obsessions d’État Providence, se faire les chantres de tout ce qui finit en -isme (socialisme, syndicalisme, marxisme, égalitarisme, féminisme, utopisme, victimisme...), je me suis vu incapable de trouver des mots positifs pour décrire un dénominateur commun à tout ça. Même en prononçant les mots "droits sociaux" ou "syndicats", j'ai eu l'impression d'évoquer quelque chose qui se situait entre ingratitude et fainéantise.

 

Il y a eu une belle gauche, celle de Badinter et de l'abolition de la peine de mort et d'autres lois de tolérance votées dans la foulée à l'investiture Mitterrand. C'était un moment de gloire méritée, il y a 33 ans. Depuis, elle n'est devenue qu'un mouvement de colère, de contestation et de lutte des classes. Quand ce n'est pas de la bien-pensance, forme sournoise d'une haine populaire qui ne tolère aucune contradiction. Typiquement : la Marche Blanche... qui ne sert qu'à réveiller les pires instincts qu'on a tous, en se servant des monstres que la société enfante une ou deux fois par décennie.

 

En désespoir de cause, j'ai répondu à ma fille d'aller plutôt poser cette question à sa mère... Plutôt verte et plutôt libérale, elle aurait peut-être une définition plus noble et plus pesée de la gauche, car davantage concernée par une nature vraiment en danger que par les gens et leurs caprices d'enfants gâtés.

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 13:37

Cette vidéo traite de passage lent scherzo 2

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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 18:36

Je sors de cette audience d'appel avec un président qui, pendant 10 minutes, m'a dit à quel point mon intervention en plaidoirie était "blessante".

Je venais d'exprimer, pendant près de 30 minutes, le dégoût et la tristesse d'une partie de ma profession face à une justice pénale qui n'en est plus une, avec des juges qui ne font plus l'effort de se forger une intime conviction à la force du poignet.

Qui préfère condamner sommairement plutôt que d'acquitter quand la réflexion et la sagesse le commanderaient si on y faisait encore appel.

Qui distribue des jours de prison sans plus aucun état d'âme.

Qui fait du délit de faciès une règle de fonctionnement sans même s'en cacher-

Qui a inventé des oreillers de paresse lui permettant de juger avec arbitraire sans que la loi ne l'interdise plus, comme le dol éventuel (presque toute négligence devient intentionnelle);

Comme la coactivité (toute fréquentation d'un criminel pendant un délit fera de toi un criminel au même titre que lui);

Comme l'appréciation anticipée des preuves, permettant à un juge de préjuger avant la fin d'une affaire, sans que cela soit considéré comme un préjugé;

Comme la possibilité de prononcer un verdict plusieurs mois après une audience, alors que toute la magie qui a pu s'en dégager n'est plus qu'un dossier de papier;

Comme la disparition du jury populaire, qui était parfois beaucoup sévère qu'un juge, mais qui - au moins - jugeait l'esprit non encore trop perverti par la routine, la fréquentation de la lie de l'humanité à longueur de journées et les rapports de force avec les avocats;

Comme un magistrat suprême qui, faisant à lui seul toute la jurisprudence pénale genevoise, s'est vanté en public de n'avoir jamais accordé une mise en liberté de sa vie.

Je demandais au président de se poser la question, dans l'intimité de son for intérieur, de quand datait son dernier acquittement, son dernier doute, sa dernière ouverture d'esprit sur ces accusés qu'il est payé pour châtier et qui sont si faciles de voir comme des coupables avant même leur entrée en salle d'audience.

Je rappelais qu'il était des grands juges, de ceux qui - face à la facilité, aux raccourcis, aux mensonges d'un accusé, d'une répulsion palpable et méritée qu'on ressent pour lui, ainsi qu'aux anathèmes unanimes de tous, avocats parfois compris - percevait les warnings de l'erreur judiciaire s'allumer dans un coin de leur sagesse.

Je déplorais que des gens formidables, amis d'enfance, de belles âmes comme personne, s'étaient abîmées jusqu'à l'aigreur en quelques mois d'un régime terrible, qui n'épargnait aucun d'eux : se lever tous les jours dans l'unique perspective de châtier son prochain.

Je ne m'étais jamais autant emporté contre le système, en audience publique. Tout se prêtait ici à me révolter par avance: des Guinéens, trafiquants de cocaïne (pléonasme ?), crétins jusqu'au bout des doigts ou capables d'une mauvaise foi que je ne peux imaginer possible, une peine très lourde prononcée au terme d'une audience et d'un verdict de première instance aussi assassins que lapidaires, des policiers unanimes dans la caricature, des quantités de drogue à donner le vertige, une bande organisée pour l'appât du gain facile.

Mais des condamnations de première instance injustifiées, sur la base d'un dossier gonflé par une police qui se prend à ce qui est un jeu pour elle, une chasse à courre, avec des règles qui lui sont propres et qu'on peut - cela arrive de plus en plus souvent - résumer par "la fin justifie les moyens".

Non ! Je m'insurgerai jusqu'à la mort qu'on condamne même un salaud pour des crimes qu'il n'a pas commis !

N'importe lequel des badauds lambda, interrogé sur un coin de trottoir, aura néanmoins à l'esprit: "Qu'on les pende, tous autant qu'ils sont !"

Un juge, dans mon esprit, dans mon souvenir (!), n'est pas un badaud lambda.

Et tant pis s'il nous faut sortir du rôle de gentil élève que d'aucuns d'entre eux aimerait nous voir tenir.

Je porte la robe, que diable ! A moi d'en être digne !

Et la seule dignité de l'avocat, c'est de résister.

Je n'ai pas insulté la Cour, qui ne recevra évidemment jamais la lettre d'excuses qu'elle a osé souhaiter à haute voix, me donnant d'ailleurs en cela raison par la façon dont l'avocat est perçu par le pouvoir judiciaire d'aujourd'hui.

Je ne l'ai pas insultée : c'était bien plutôt un cadeau... Un ressenti et un rappel à l'ordre des soldats que nous sommes, à elle - trop haut perchée sur son piédestal pour entendre les souffrances qu'elle inflige sans y penser.

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 21:46

Suis-je seul à m'émouvoir de devoir plaider demain en appel pour un black qui s'est pris 8 ans pour trafic de cocaïne?

J'en suis toujours malade comme au premier jour, même pour une affaire de stups et même pour un gars qui, pour une fois, n'est pas devenu un ami.

C'est normal?

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 18:03
Dire qu'il y a cinq cents ans, celui qui avait...

Dire qu'il y a cinq cents ans, celui qui avait tenté en vain d'inventer un moyen de voler avait déjà appréhendé ce qui me ferait rêver.

Et dire, maintenant qu'on sait voler, qu'il en existe encore certains qui n'en ont pas encore l'obsession !

Et dire, alors que j'ai des avions - basés à Genève, là, à portée de main - depuis plus de 15 ans, que mes sièges passagers restent le plus souvent vides, jusqu'à trois ou quatre fois par semaine !

C'est finalement ça, qui me surprend le plus, chez mes congénères. Qu'ils s'entretuent est un atavisme qui en polluent les gènes depuis leur création. Qu'ils volent ou mendient répond évidemment à une nécessité. Qu'ils violent provient d'un dysfonctionnement finalement bien inévitable pour des cerveaux dont l'équilibre tient en une alchimie aussi complexe que fragile.

Mais qu'ils perdent leur passion... Ça c'est nouveau. Et c'est triste, car c'est une démission volontaire dans l'aspiration au bonheur.

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 22:37

Matinée patinoire, collé comme accompagnateur de la classe de ma cadette.

L'occasion de faire un inventaire des restes. C'est plus des triples et les pirouettes sont moins vives, mais bon...

Matinée patinoire, collé comme accompagnateur de la classe de ma cadette. L'occasion de faire un inventaire des restes. C'est plus des triples et les pirouettes sont moins vives, mais bon...

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 19:33
Il y a un dicton terrible mais tellement vrai,...

Il y a un dicton terrible mais tellement vrai, quand on voit la gueule de cet engin: "le droit s'efface derrière la force".

C'est d'ailleurs la réponse qu'avait faite Delamuraz à la Lituanie, quand celle-ci avait appelé le Conseil fédéral suisse à l'aide, contre une Union soviétique qui était en train de tenter de la reprendre de force.

Il y en a en tout cas à qui il ne viendrait pas l'idée de mal parler, même quand on court vite...

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 12:20
1375245_10201429660897694_1244849533_n.jpgMonter dans cette merveille de technologie et de puissance, stationnée entre un jet privé et un gros porteur, à quelques minutes de chez soi ;
Eprouver à la mise à feu, à l'accélération puis à la rotation la victoire sur ce qui a jusqu'à peu été considéré comme physiquement impossible ;

Arracher ces presque deux tonnes du sol où la beauté et le bonheur se gagnent à coup de combats, de soucis et d'argent;

S'élever à une hauteur où plus rien ni personne ne peut nous atteindre ;

Prendre une route que jamais personne n'avait empruntée auparavant ;

S'arroger la liberté arbitraire de tourner autour d'un chamois ou, à l'inverse, de tracer une ligne droite à près de 400 km/h vers la destination de son choix, si lointaine qu'elle serait inatteignable autrement ;
Ou si proche que prendre un avion était d'un ridicule mais extraordinaire superflu ;

Apprécier que depuis quinze ans d'aventures aériennes à travers le monde, aucun policier, aucun douanier ni aucune autorité ne soient venus contrôler l'intérieur d'un de mes avions : les pilotes savent qu'on ne triche pas si l'on veut rester vivant ;

Se rendre compte que le chemin le plus court entre deux points n'est pas la ligne droite, mais le rêve ;

Se foutre d'ailleurs complètement des lignes droites et des chemins les plus courts ;

Exprimer ce qu'on a de plus beau en soi: l'anticipation, la précision, la manifestation permanente d'un savoir-faire maîtrisé, la compréhension absolue de ce qui se passe, les égards pour les autres, le goût du partage, la droiture ;

Se sentir immunisé de tout stress, de toute tristesse, de toute colère, de la jalousie, du racisme, de la haine et de tous ces mauvais sentiments qui pourrissent l'âme de ceux qui rampent au-dessous de la ligne d'horizon;

Être maître des battements de son cœur, qu'on peut accélérer ou apaiser à volonté, en quelques secondes  et au prix de risques consentis avec malice ;_DSC0335.JPG

Chercher à vivre ces émotions avec d'autres, qu'on a choisis à ses côtés ;

Voir pleurer quelqu'un d'émerveillement, plongé dans une troisième dimension qui leur a été réservée l'espace d'un moment ;

Rassembler parfois en une seconde ce qu'on a de plus fort pour vaincre l'envie qu'a l'avion de tomber, comme le  bateau de couler, l'amour de s'essoufler, la santé de disaraître ou la vie de s'arrêter.

Voler.
Traite-moi de ce que tu voudras, esprit chtonien : j'ai rendez-vous avec l'absolu à chacune de mes évasions.

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 01:00

 

Il y a des mots qui marquent, qui en appellent d’autres, qui font voyager dans ce qu’on enferme d’émotions et de non-dits.

 

mots-qui-comptentComme une musique sans parole, des paroles sans paroles somme toute, je vous livre pêle-mêle les chemins en méandres tortueux vers les rêveries qui furent les miennes depuis enfant, pavé des mots phares.

 

Je n’ai jamais eu d’idoles en chair et en os, mais j’en ai eu et j’en ai encore en lettres et en notes. Elles rejoindront peu à peu ces pages, au fur et à mesure qu’elles me reviendront, à l’image d’un journal du passé.

 

Leurs auteur ne sont pas même cités : seul importe ce qu’ils ont dit, écrit ou chanté, quelles qu’aient été leur réputation, leur légitimité ou ce qu’ils ont pu penser par ailleurs. Surtout que certains de ces extraits sont de moi…

 

La plupart du temps, il s’agit de figures de style donnant à des mots les moyens de faire voyager l’âme. Ces chrestomathies, ces peintures de l’esprit, reflètent – mais aussi appellent lorsqu’on les lit – ce que l’humain a de plus noble, de plus touchant ou de plus fort.

 

Elles méritent qu’une page entière soit consacrée à chacune d’elles.

 

Prenez ma main et suivez-moi...


 

 


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D’abord quelques lignes de conduite, et autant de lignes de vie. Pour ne pas passer à côté des petites choses qui font qu’une vie est en fin de compte heureuse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"On reconnaît le bonheur au bruit qu'il fait en sortant."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"On a tous deux vies. La seconde commence quand on se rend compte qu'on n'en a qu'une seule".


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Je crois que tout se résume à un simple choix: dépêche-toi de vivre, ou dépêche-toi de mourir."


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

"Le chemin le plus court entre deux points? Ce n'est pas la ligne droite, c'est le rêve".


 

...Et la réponse de ma fille de 6 ans, alors que je crânais en lui citant cette jolie pensée : "Si c'est le rêve, pourquoi alors tu veux que ce soit court ?"  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Ne dis jamais rien qui ne puisse être entendu par ton pire ennemi."

 


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Ce très beau passage de chanson va dans le même sens : si la vérité est souvent ailleurs, ce n’est jamais le cas du bonheur :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"On croit les gens heureux

Parce qu'on ne les connaît pas

On ne vit pas chez eux

Leurs blessures ne saignent pas"


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D'ailleurs, le bonheur des uns... n'est pas forcément celui des autres :

 

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Pour la beauté du geste, un florilège de figures de style en quelques mots : j’en recense une douzaine. Que c’est bien écrit, pour une chanson.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bateaux prisons, chargés d’ébène

Champs de coton et chants de haine

Chansons d’espoir, chansons d’adieu

La musique noire, elle était bleue.

La terre des hommes, la terre du feu

Celle qui a sacrifié ses dieux

Comme une orange elle était bleue.

 

 


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Ce poème de Goethe me poursuit depuis le cycle d’orientation et je le sais par coeur depuis. Ni Michel Tournier ni Schubert n’y ont apporté quelque plus-value que ce soit. C’est un joyau qui se suffit à lui-même. Je me fais pleurer tout seul rien qu’à me le réciter.

 

 

Je vous le reproduis en entier, tellement ce texte est beau.

 

La traduction est la mienne. Elle est donc libre. J'ai mis en majuscules les interventions abominables du Roi des Aulnes à l'égard de l'enfant, qu'il va finir par tuer.

 

Ce qui est terrible, c'est qu'entre la première strophe, où le père tient l'enfant normalement "in dem Arm" (sous son bras) et le dernier où il l'agrippe de toutes ses forces ("in Armen/ in seinen Armen", deux fois au pluriel: "de ses bras, dans ses bras), la progression dramatique du délire de l'enfant est à couper le souffle. Le père sent son fils lui échapper, sans rien pouvoir faire pour lui. Le cauchemar absolu... 

 

 

 

 

 

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Wer reitet so spät durch Nacht und Wind ?
Es ist der Vater mit seinem Kind.
Er hat den Knaben wohl in dem Arm,
Er fasst ihn sicher, er hält ihn warm.
 

 

– Mein Sohn, was birgst du so bang dein Gesicht ?

– Siehst Vater, du den Erlkönig nicht !
Den Erlenkönig mit Kron’ und Schweif ?

– Mein Sohn, es ist ein Nebelstreif.

„DU LIEBES KIND, KOMM, GEH’ MIT MIR !
GAR SCHÖNE SPIELE, SPIEL ICH MIT DIR,
MANCH BUNTE BLUMEN SIND AN DEM STRAND,
MEINE MUTTER HAT MANCH GÜLDEN GEWAND.“
 

 

Mein Vater, mein Vater, und hörest du nicht,
Was Erlenkönig mir leise verspricht ?

– Sei ruhig, bleibe ruhig, mein Kind,
In dürren Blättern säuselt der Wind.

 

„Willst feiner Knabe du mit mir geh’n ?
Meine Töchter sollen dich warten schön,
Meine Töchter führen den nächtlichen Rhein,
Und wiegen und tanzen und singen dich ein.
 

 

– Mein Vater, mein Vater, und siehst du nicht dort
Erlkönigs Töchter am düsteren Ort ?

– Mein Sohn, mein Sohn, ich seh’ es genau,
Es scheinen die alten Weiden so grau.

 

„ICH LIEBE DICH, MICH REIZT DEINE SCHÖNE GESTALT,
UND BIST DU NICHT WILLIG, SO BRAUCH ICH GEWALT !“
MEIN VATER, MEIN VATER, JETZT FASST ER MICH AN,
ERLKÖNIG HAT MIR EIN LEIDS GETAN.

 

Dem Vater grauset’s, er reitet geschwind,
Er hält in Armen das ächzende Kind,
Erreicht den Hof mit Mühe und Not,
In seinen Armen das Kind war tot.
   

 

 

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Qui chevauche donc si tard, à travers la nuit et le vent ?
C'est le père avec son enfant.
Il entoure l'enfant de son bras,
Il le tient fermement, il lui tient chaud.

 

« Mon fils, pourquoi tu enfouis comme ça ton visage ?
Père, ne vois-tu pas le Roi des Aulnes?
Le Roi des Aulnes, avec sa couronne et sa traîne ?
— Mais mon fils, ce n’est qu’une traînée de brouillard...

— TOI CHER ENFANT, VIENS, VIENS AVEC MOI !
NOUS JOUERONS ENSEMBLE À DE SI JOLIS JEUX !
MAINTES FLEURS MULTICOLORES BRILLENT SUR MA PLAGE;
MA MÈRE A MAINTES ROBES DOREES...

 

— Père, Père ! Tu n'entends pas
Ce que le Roi des Aulnes me susurre tout bas ??
— Sois tranquille, reste tranquille, mon petit :
Ce n’est que le vent qui murmure dans les feuilles sèches.

 

— TU VAS VENIR AVEC MOI, DELICIEUX ENFANT ?
MES FILLES T’ATTENDENT DEPUIS LONGTEMPS ;
CE SONT MES FILLES QUI GUIDENT LE RHEIN DANS LA NUIT.
ELLES TE BERCERONT, ELLES CHANTERONT ET DANSERONT POUR TOI.

 

— Père!! Père!! Tu ne vois donc pas, là-bas
Les filles du Roi des Aulnes dans ces lieux sombres ???
— Mon fils, mon fils, je vois tout ça très bien :
Ce ne sont que les vieux pâturages qui paraissent si gris !!!

 

— JE T'AIME. TA CHARMANTE FORME ME PLAÎT.
ET PUISQUE TU N’ES PAS VOLONTAIRE, JE VAIS DEVOIR EMPLOYER LA FORCE !
— Père!!!, Père!!! Il m’a attrapé!!!
Le Roi des Aulnes me fait mal !! »

 

Le père frissonne d’horreur, il cravache son cheval.
Il tient dans ses bras l'enfant délirant ;
Atteint la cour du château exténué et en proie à la détresse.
Dans ses bras, l’enfant était mort.

 

 

 

 

 


 

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Ce poème terrible de Goethe me fait penser à une chanson, qui m'a saisi en plein vol alors que j'écoutais la radio, aux commandes de mon avion lors d'un trajet vers le sud de la France.

 

Je me demandais où le chanteur voulait en venir, en s'adressant visiblement à son enfant, sa fille.

 

Avant de comprendre...

 

C'est dur de rester concentré sur un avion, dans ces conditions. Surtout quand on a une fille, en plus paisiblement endormie sur le siège d'à côté. Et qu'on imagine, "sous ses printemps pleins de grâce, des angoisses terribles qu'on n'a peut-être pas su déceler et "éventer" à temps".

 

"In seinen Armen, das Kind war tot"...

 

 

 

 

 

Mon enfant, mon air pur
Mon sang, mon espérance
Mon ferment, mon futur
Ma chair, ma survivance
Tu ne perpétueras ni mon nom ni ma race
Tout ce que j'ai bâti, je l'ai rêvé en vain
Je quitterai ce monde sans laisser de trace
Tes yeux ne s'ouvriront sur aucun lendemain

 

L'aiguille

Dans ta veine éclatée
Ta peau déchirée
L'aiguille

Dans ton corps mutilé
Crucifié
L'aiguille

De nos espoirs trahis
Te clouant dans la nuit
Sans vie

Mon arbre, mon petit
Qui peut dire à l'avance
Où le bonheur finit
Quand le malheur commence
Le drame de la vie, sans auteur ni dialogue
Qui s'écrit à huis clos se joue à notre insu
Les plaisirs innocents n'en sont que le prologue
Les paradis promis ont l'enfer pour issue

L'aiguille

Dans ta veine éclatée

L'aiguille

Dans ton corps mutilé
Crucifié
L'aiguille

De nos espoirs trahis
Te clouant dans la nuit
Sans vie

En regardant fleurir
Tes printemps pleins de grâce
Je n'ai pas sous tes rires
Eventé tes angoisses
Peut-être pas non plus assez dit que je t'aime
Ni suffisamment pris le temps d'être avec toi
Que tu as dû souffrir en secret de problèmes
A présent c'est mon tour perdu dans mes pourquoi
L'aiguille dans ta veine éclatée
Ta peau déchirée

L'aiguille

Dans ta veine éclatée

L'aiguille

Dans ton corps mutilé
Crucifié
L'aiguille

De nos espoirs trahis
Te clouant dans la nuit
Sans vie

L'aiguille 

 

 

 

Il y a décidément autre chose, dans la chanson française, que "Un homme/une femme - je t'aime/tu m'aimes"... Des émotions formidables.

 

 

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Ce passage du Petit Prince est cité par tous lettrés ou pas, comme référence littéraire, à tel point qu’elle m’est devenue overheard. Mais j’ai vibré sur le Petit Prince quand j’en ai composé la musique originale lors de sa mise en scène au collège ; j’ai vibré sur El Principito lorsqu’il m’a appris l’espagnol en même temps que les premières chansons presque à texte de Ricky Martins que j’écoutais en boucle. J’en vibre encore quand je relis une planche maçonnique que mon père avait écrite, autour de cette phrase, pour décrire tout l’amour de l’Autre qu’il avait en lui, ici à l’occasion d’une rencontre avec un Homme Bleu du désert.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux.

 

 

 


 

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« Cent vingt millions de secondes ». Mes adorables lecteurs sauront à quoi je fais ici allusion. C’était « quatre ans » (120'000'000 de secondes), que j'ai décrits il y a vingt ans.

 

 

 

cent vingt millions - ca fait rien

 

 

 

 

 

 

 

 

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Tout Hugo me parle, et je ne manque jamais d’aller le saluer quand je vais voir Chopin et sa tombe voisine. Je me souviens que mon amie Nicole, récemment nommée directrice d’école à Sion (je suis fier de toi, ma chérie !), est celle qui m’a initié aux « Fondations » d’Asimov, à la Chanson de Roland, à Confucius, à l’illettré Amazonien-qui-avait-tout-compris-de-la-vie… et aux Odes et Epodes d’Hugo, avec cet « Enfant » de la guerre, terrifiant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
Est-ce d'avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
Qui d'Iran borde le puits sombre ?
Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,
Qu'un cheval au galop met, toujours en courant,
Cent ans à sortir de son ombre ?
Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
Plus éclatant que les cymbales ?
Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ?
- Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus,
Je veux de la poudre et des balles.

 

 

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Comme la musique de son copain Chopin, les nuits de Musset m’ont longtemps hanté, surtout celles de mai avec leur sublimissime passage du pélican. J’en pleure à chaque fois…

 

 

 

 

 

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
Lui, gagnant à pas lents une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte ;
En vain il a des mers fouillé la profondeur ;
L'Océan était vide et la plage déserte ;
Pour toute nourriture il apporte son cœur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur,
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant ;
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort, se recommande à Dieu.

 

 


 

 

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Un de ces autres moments des « Cent vingt millions de secondes » qui m’émeut encore tout seul.

 

 

cent vingt millions - EXTRAIT 2 

 

 

 

 

 

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Je me demande avec qui je parlais, il y a une plus d’une vingtaine d’années, sur le plus beau mot allemand à mon goût. Nicole à nouveau ? Je ne sais plus. Nous étions en tout cas d’accord sur « vertraut », doux à entendre et magnifique à comprendre : « intime ». J’ai appris par cœur cette chanson de Herman van Veen lors de mon premier échange scolaire en Allemagne. Elle véhicule désormais de bien jolis souvenirs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ein Fenster ist ein Loch

Ein Glas durch das man schaut

In den Hof

Wo alles so vertraut


 

 

 

 

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Encore un texte chanté peu connu mais remarquable de simplicité et de symbolisme. Mine de rien, ça n’a rien à pâlir à la comparaison avec Victor Hugo : de l’émouvant sans sensiblerie, des mots concis ciselés dans l’acier, des figures de style quand il les faut et une structure de texte parfaite. Par acquît de conscience, quels que soient vos goûts, je vous invite à allez l’écouter sur internet : vous la trouverez illustrée par une voix inégalable dans ce registre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ne m’enterrez pas encore

Je ne suis pas mort, je dors

Et n’encombrez pas ma mémoire

De vos regrets de vos histoires

Je dors

Si quelque part, sait-on jamais

J’avais un ami qui m’aimait

Tant pis, qu’il m’oublie

Je dors.

Maître des ombres et des lumières

Combien dure une éternité

Combien de fois faudra-t-il faire

La même route pour arriver

Combien de lunes à disparaître

Combien d’hommes encore à renaître

En attendant, je dors.

 

 

 


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Ces deux prochains textes de chanson n’ont peut-être pas la dimension universelle de la littérature, mais ils me touchent. Le premier parce que je m’y retrouve. Le second pour y retrouver mon père et le sentiment d’avoir perdu du temps à m’imprégner de ses qualités, alors qu’il était encore vivant. C’est fou comme ceux qui l’ont connu l’ont adoré et comme il est important aux yeux de mes filles, qui ne l’ont pourtant même pas connu.

 

 

 

 

 

J'ai toujours dansé sur les vagues

Quand on croyait que je sombrais,

Ma vie avait l'air d'une blague

Et pourtant c'était vrai.

J’ai pris tous les avions du monde

Dormi dans tous trains de nuit,

Aimé dans dans des bordels immondes

Des femmes aux cheveux gris.

Je vous ai bien eus.

Je me suis fait des jours de fête

Eclaté des fusées d'amour

Comme je vais faire sauter ma tête

A l'aube du dernier jour.

Je vous ai bien eus.

Je ne vous ressemblais pas

Vous ne m'avez pas cru.

Je vous ai bien eus."

 


 

 

 

  et:

 

 

 

 

Ils avaient la couleur du fer
Passez noirs pas assez gris
Un ciel blanc barré d'un éclair
Et une tendresse infinie.

Si j'avais été moins fier
Si j'avais fait un pas vers lui
Au lieu de le fuir et me taire
J'aurais mieux compris ma vie
Et si c'était à refaire
Si j'étais debout devant lui
C'est fou le temps, le temps qu'on perd
J'aurais deviné ma vie

Dans les yeux de mon père.

Si j'avais été moins fier
Ne pas me croire meilleur que lui
Au lieu de me cacher sous terre
D'aimer ma mère plus fort que lui
Si seulement c'était à refaire
Je sais ce qu'il a ressenti
C'est fou le temps, le temps qu'on perd
J'aurais tout appris de lui

Dans les yeux de mon père.

 

 

 

 

 


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Et ces quelques paroles de sage.

 

C'était Dominique Valera, lors de ces stages d'été que je faisais avec lui chaque année à Cavalaire-sur-Mer, depuis une trentaine d'années.

 

Nous étions tous des avancés et il nous réveillait à 3 heures du matin pour faire des coups de poing basiques, des oï tsukis tout cons, sur la plage avec l'eau à la hauteur de la poitrine.

 

Et lorsque l'un de nous trouva le courage de lui demander à quoi cela servait de faire 10'000 fois le même mouvements que nous connaissions tous déjà depuis dix ans, il nous dit:

 

 

"En karaté, tu fais un mouvement 10'000 fois, et tu connais le nom du mouvement !

Tu le fais 100'000 fois et tu commences à ressentir comment fonctionne le mouvement !

Et tu le fais un million de fois, et c'est à ce moment-là, et à ce moment-là seulement, que tu te rends compte que tu ne connais pas le mouvement".

 

 

 

Je me souviens aussi :

 

 

 

"Cette ceinture noire, c'est ton passeport pour commencer le karaté".

 

 

 

 

 

Cet homme m'a marqué.

 

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Published by Pyrame - dans Intime
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